Concepción Cabrera de Armida

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La vie dans l'Esprit Saint

Concepción Cabrera des Armida fut la première mystique chrétienne qui a su poser des mots sur ma vie intérieure. Cela faisait trois ou quatre ans que j’étais en initiation avec le Guérisseur. Un jour celui-ci me dit :
- Arnaud, il est temps que tu travailles avec les Sept Dons de l’Esprit-Saint.
- Ah, bon ? Quels sont-Ils ? Que font-ils ?
Cherche.

J’avais trouvé dans la Bible leur nom : Esprit de Sagesse, Esprit d’Intelligence Divine, Esprit de Conseil, Esprit de Force, Esprit de Science et de Connaissance, Esprit de Piété et Esprit de Sainte Crainte. Je n’en savais pas plus.
Alors, chaque jours dans mes prières je les appelais, leur demandais de me purifier et de m’instruire. De même, à chaque fois que je faisais un soin énergétique, je demandais leur aide. J’avançais ainsi en aveugle pendant presque deux années. Et puis certains Dons se révélèrent :  un jour,  je faisais un soin à une personne qui souffrait de colères. Lorsque j’appelai l’Esprit de Science et de Connaissance, je frissonnai de tout mon être et sentis une force me traverser et plonger au niveau du plexus solaire de la personne allongée qui se mit soudain à pleurer intensément. Elle se libéra de ses colères. Elle en fut guéri. Je me dis que l’Esprit de Science et de Connaissance aidait peut-être à nous purifier des maux qui habitent la région du plexus telle la colère. Et puis, une autre fois, ce fut l’esprit de Sainte Crainte qui débusqua mes propres orgueils dans la région du sacrum. J’apprenais ainsi patiemment, par petites touches, grâce à certaines expériences que l’Esprit-Saint m’offrait de comprendre, à mieux connaître ses sept dons.
En cours de route je rencontrai le Guérisseur, qui valida mes découvertes, m’ouvrit d’autres portes d’explorations, mais surtout m’exhorta à étudier la science sacrée à propos de l’Esprit-Saint : bien que celui-ci me fasse le catéchisme à l’intérieur de moi, l’expérience seule n’était pas suffisante. Il me fallait étudier.
Ainsi, à chaque fois que je rencontrais sur mon chemin une librairie religieuse je me dirigeais vers le rayon dédié à l’Esprit-Saint et ouvrais les livres au hasard, mais je ne comprenais pas leur propos. Rien ne me parlait, rien ne faisait écho à mon expérience intime.

Un jour à Paris, alors que je me promenais avec un magnétiseur, celui-ci me fit découvrir Notre-Dame-des-Victoires. Nous entrâmes dans l’édifice. Présence. Une multitude de cierges illuminaient toutes les statues, des personnes de toutes les couleurs étaient là, en profonde prière, chacun à sa manière ; certains récitaient le rosaire, d’autres priaient à genoux, d’autres en état d’humilité saluaient à plat ventre le crucifix. Ce lieu respirait une piété, une foi que je n’avais rencontré qu’à l’étranger. Gratitudes. En sortant, je me retrouvai face à une librairie religieuse. J’entrai. Je demandai s’ils avaient des livres sur l’Esprit-Saint. On m’indiqua une table. Mes yeux tombèrent sur une couverture blanche et orange : « Ma vie dans l’Esprit-Saint ». Je pris le livre et commençai à vibrer. À peine eu-je le temps de lire les premières phrases de la quatrième de couverture que des larmes coulèrent le long de mes joues sans que je comprenne pourquoi.

« Concepcion Cabrera de Armida, mieux connue sous le nom de Conchita, a vécu au Mexique de 1862 à 1937. Fiancée à treize ans et mariée neuf ans plus tard, elle fut mère de neuf enfants. Elle a consigné fidèlement pendant plus de quarante ans, à la demande de ses directeurs de conscience, une relation détaillée de sa vie spirituelle… »
J’ouvris une page au hasard et tombai sur un paragraphe où Jésus Lui-même décrivait l’action sur l’âme d’un des sept Dons de l’Esprit Saint. C’était justement un de ceux avec lequel j’avais eu la grâce d’avoir eu une expérience. Le paragraphe disait avec d’autres mots exactement tout ce que j’avais ressenti ! C’était incroyable.
Je me suis ainsi plongé dans ces textes qui m’ont permis d’aller encore plus loin dans l’exploration des Dons de l’Esprit Saint. Cette lecture m’a surtout permis de me familiariser avec l’écriture, le vocabulaire et la terminologie des mystiques chrétiens. Pour la première fois, je découvrais un lien direct entre ma vie intime et leurs écrits, leurs expériences. C’est grâce à cette lecture que j’ai pu par la suite me plonger avec délectation dans les ouvrages de Sainte Catherine de Sienne, de Saint-Jean-de-la-Croix ou encore de Sainte Thérèse d’Avila. Mille Gratitudes.
Voici quelques extraits de ce livre. Que l’Esprit Saint vous accompagne.

Conchita a été béatifiée en 2019.





Extraits du Journal Spirituel


Combien et combien de fois mon Jésus m’a parlé, me « dictant » les vices et les vertus… souvent il m’a parlé de la très Sainte Trinité, enlevant de mes yeux le voile du mystère (…) Il y a là tout un monde d’enseignement, de lumière, de conseils, de secrets de Dieu. Quelle condescendance ! Je l’ai entendu assez peu selon sa voix naturelle, parfois me dictant et me corrigeant, d’autres fois comme par une voix intérieure tenant en suspens tout mon être, sans qu’il soit possible d’en douter. Enfin, Il peut, Lui, se communiquer de mille manières !


« Voici que, soudain, Je me reflète dans ton âme comme un cristal. Là s’impriment ces rayons divins, et toi, sous cette impression, tu vois, tu contemples et tu comprends. Aussitôt, avec le concours de ton intelligence, tu leur donnes forme en des paroles, tandis que Moi-même, sans t’en avertir, Je te laisse t’adapter avec plus ou moins d’exactitude ; mais dès la première illumination, J’ai laissé en toi la substance (…) de la chose communiquée. Tu transcris alors de ton âme dans tes facultés intellectuelles et de là sur le papier. Selon ce mode de communication de Dieu avec sa créature, il n’y a,  pour ainsi dire, pas d’erreur ; les passions humaines ne viennent pas s’y mêler, elles qui obnubilent et déforment, jusque’à les effacer, les traces de Dieu dans l’âme. »  

« Avant toute chose, me dit le Seigneur, sache que l’Esprit Saint n’envoie jamais ses dons à des âmes impures. Pour se communiquer, Il veut une grande pureté de corps et d’âme. »

"Je ne parle et ne me donne que dans la solitude intérieure. Je ne remplis que ce qui est vide et je n’éclaire que ce qui est dans l’ombre. Là où je fais mon nid, il y a la Croix et je transforme les personnes en croix vivantes. Pour cela, il faut qu’elles soient débarrassées de tout esprit du monde et, d’elles-mêmes, qu’elles vivent cachées dans la solitude, éloignées de tout ce qui n’est pas Moi. Tu ne peux pas savoir comme J’apprécie  cette sorte de ténèbres, de vide et de solitude. Voilà, ma fille, les dispositions requises pour écouter les gémissements de l’Esprit Saint dont la douceur fait frémir le ciel tout entier et fait la joie éternelle du Père et du Fils. »

Je me sens vide de tout et maintenant je comprends que c’est  ce que désir la petite colombe de l’Esprit Saint pour venir faire son nid en moi. C’est non seulement un vide de tout ce qui peut entourer extérieurement la créature - condition indispensable à la formation de l’autre vide - , mais c’est aussi un vide de toute volonté propre, un renoncement à soi-même, une mort à toute volonté propre sur l’autel du sacrifice d’amour. Ah ! mon Père, comme je suis heureuse depuis que je n’ai plus rien, depuis que je ne m’appartiens plus ! Mon âme avec ses puissances est toute à Dieu, mon corps avec ses sens est devenu le bois de construction des œuvres de Dieu. Rien ne m’appartient plus, car le vide que je ressens est un dépouillement de tout, même si de temps en temps quelques ombres fugaces traversent mon esprit, celles de ma volonté propre, de mes désirs et de mes appétences, car à dire vrai, ce vide que Dieu seul doit remplir n’est pas vraiment pur. Aidez-moi donc, mon Père, à me faire la guerre sans cesse, à ne jamais rendre les armes, à ne jamais cesser de balayer toutes ces ordures qui encombrent mon âme… (…) Alors seulement le regard de Dieu le Père viendra se poser sur la demeure paisible et tranquille en laquelle Il pourra voir se refléter son image divine. Ô vide délicieux, vide qui enveloppe rien de moins qu’un Dieu ! Ô solitude et heureuse quiétude, don total de la créature à son Créateur ! Ô véritable pauvreté spirituelle parfaite, par laquelle l’âme ne possède plus rien, pas même ce que le Seigneur lui donne mais lui rend tout ce qu’elle reçoit de Lui avec gratitude et humilité !
Par grâce, je me sens aussi vide de toute œuvre bonne et de tout mérite. Je suis si pauvre que je n’ai rien d’autre que ce que le Seigneur me donne, et quand Il ne me donne rien, je ne possède rien de bien. Heureux les pauvres en esprit : en vérité, ils possèdent déjà le Ciel sur cette terre, car ils possèdent Dieu lui-même !

C’est une sorte d’oubli de soi et des autres, d‘oubli de tout, qui se fait d’une manière non coupable, non par imprudence, mais par abandon total entre les mains de Dieu Grâce à cet abandon, l’âme se livre à son Bien-Aimé sans plus vouloir que ce qu’Il veut. C’est une sainte indifférence très aimante à la faveur de laquelle l’âme se plaît autant à jouir qu’à souffrir, à se sauver qu’à se damner, si tels sont la volonté et le bon plaisir de son Seigneur. Cette sainte indifférence est un sentiment très élevé qui n’est pas du tout naturel et ne vient que de Dieu.

Afin de pouvoir écouter la voix de ma chère petite colombe, de vaincre ma paresse spirituelle, de lutter contre moi-même et de me vaincre, j’ai résolu de prier plus, de me mortifier plus et de vivre davantage dans le recueillement.

Ce matin le Seigneur m’a dit : « Les âmes appelées à devenir le nid de l’Esprit Saint doivent être purifiées, car Il ne demeure pas là où il trouve des saletés. C’est Lui qui nettoie son nid mais l’âme doit se laisser faire. Cela fait longtemps que Je te le répète : « Laisse-toi faire… » Il faut que ton directeur spirituel se laisse faire lui aussi. Le jour où tu réussira à vivre le saint abandon à la volonté divine, plus rien de terrestre ni de céleste ne pourra plus te troubler.

Écoute, ma petite, les âmes qui se livrent à Moi, Je les forme pour les sanctifier… Parfois même J’utilise le diable, mais c’est toujours pour leur bien. Laisse-toi faire, laisse-toi faire… C’est cela que les âmes ont du mal à comprendre, c’est pourquoi il y en a si peu qui sont à Moi. Ah ! si tu savais comme Je prends soin des âmes qui m’appartiennent !

Et si Je les purifie dans le creuset de la souffrance, c’est pour pouvoir M’unir à elles, car la Pureté ne peut s’unir à ce qui est impur. Par contre, lorsque les âmes ne se laissent plus faire, Je me retire, car mes grâces ont trop de prix pour que je les laisse perdre. Le travail dans l’Esprit Saint dans une âme est si précieux que celui qui le méprise se rend très coupable. C’est pourquoi il faut être très attentif à ses inspirations et chercher à Lui plaire en toute chose.

Par la charité que nous pratiquons, l’Esprit Saint vient dans nos âmes et réalise les premiers pas de notre divinisation. C’est de cette charité que jaillissent les dons de l’Esprit Saint et les vertus qui transforment l’âme et la conforment à Jésus. C’est la charité qui opère cette merveilleuse transformation de l’âme de la créature en lui donnant la sagesse qui procède de la Sagesse incréée de Dieu. Une fois transformée par Jésus, l’âme parvient dans le sein du Père, où elle trouve la paix tandis que Dieu, Lui, retrouve sa propre gloire.

Dès que j’eus communié, Jésus plongea les puissances de mon âme et mes sens dans une profonde quiétude et me dit : « L’Esprit Saint se présente sous la forme d’une colombe à cause de la ressemblance qu’Il a avec ce petit animal, avec ses propriétés qui sont la paix, la mansuétude, la bonté, la modestie, la patience et surtout la fécondité. En effet des trois Personnes divines, l’Esprit Saint est celle qui représente la vie et c’est de Lui que procède tout la création.



L’Esprit Saint est la volonté en tant que fécondation éternelle.

Cette fécondation divine, ma fille, s’opère à l’intérieur même de Dieu, elle est produite par le bonheur au sein même du bonheur… (…) Imagine une fontaine avec un grand jeu d’eau qui forme des figures en grand nombre, pleine de couleurs et de charme… l’eau sort de cette fontaine et y retourne sans cesse de sorte que c’est toujours la même eau qui revient, une seul et même substance. Eh bien, il en est ainsi, ma fille, de la fécondation divine. Elle ne crée pas davantage de divinité dans la substance divine, mais elle accroît les beauté et les charmes des perfections de Dieu Lui-même.

La fécondation de l’Esprit Saint envers les créatures se manifeste en grâces qui enveloppent l’âme et se répandent sur elle en gémissement… Ces grâces sont des émanations de Dieu lui-même. Quand les âmes gaspillent ou refusent de telles grâces, celle-ci vont enrichir d’autres âmes ou bien elles sont recueillies par les anges qui les rendent à Dieu. Ces grâces ne peuvent pas être perdues, car ce sont des perles de l’Esprit Saint qui émanent de son souffle divin.  Je désire que l’on rende un culte à l’Esprit Saint, que l’on inculque sa dévotion, qu’on L’invoque, qu’on L’appelle afin que le monde matérialisé soit spiritualisé.

Comme je suis triste d avoir représenté la Sainte Trinité sous les traits d’un vieillard, d’un crucifix et d’une colombe ! C’est une représentation si mauvaise et si laide qu’elle est plus propre à suscité la pitié qu’à favoriser la dévotion… Cela doit bien faire rire Notre Seigneur !

Ah ! si je pouvais tremper ma plume dans l’encre du Ciel, peut-être alors le papier brûlerait-il, transmettant quelque chose de ce que je ressens !

Cette colombe que tu vois représente l’Esprit Saint et les rayons que tu vois jaillir de son bec pénètrent les intelligence et les cœurs de leur lumière qui éclaire et de leur feu qui embrase.

Hier, j’ai senti la petite brise très agréable de l’Esprit Saint et j’ai remarqué que non seulement elle m’enveloppe, mais aussi elle me pénètre, me sonde intérieurement et extérieurement, produisant en moi l’effet d’une pâmoison délicieuse.

Ah ! mon Dieu, mon Dieu ! quelle folie d’aimer ce qui n’est pas Toi ! Quelle folie de se laisser distraire par autre chose que Toi ! Ô Vérité éternelle, foyer éternel d’amour incréé, vers où mon âme pourrait-elle s’envoler si ce n’est vers Toi, divinité que j’adore ? Ô ma Lumière, pourquoi sommes-nous si aveugles alors que Tu es si proche de nous ? Pourquoi cherchons-nous des plaisirs dans les ténèbres de cette vie au lieu de quêter ta clarté éternelle et immaculée ? Comment est-il possible que l’âme reste collée à la terre alors qu’elle possède un Ciel ? Où donc était mon âme lorsqu’elle n’était pas en Toi, Ô mon Dieu et ma vie ? (…) Beauté au-delà de toute beauté et Bonté sans limite ! … Bien que je ne vaille rien par moi-même en ce coins obscure où je vis, j’ai une âme, Ô mon Dieu, qui est immortelle et qui ne veut plus rien d’autre que T’aimer et vivre crucifiée pour Toi par amour pur… »

19 mars 1897. Tandis que j’étais distraite dans ma prière après la communion, ma petite colombe est venue se reposer en moi et j’ai entendu ces mots : « Il est temps que tu prépare ma demeure. » J’ai demandé comment je pouvais faire et la voix m’a répondu : « L’Esprit Saint va venir lui-même le faire et préparer aussi ta robe nuptiale. » Alors j’ai dit : « Mais quelle est cette robe ? Moi, je n’en ai aucune qui puisse faire l’affaire. » Alors le Seigneur m’ expliqué : « Cette robe, c’est la grâce, et l’Esprit Saint est le seul qui puisse la fabriquer, cette robe. Laisse-toi faire et promet-Moi d une pas opposer de résistance ni d’obstacles. »
J’ai dit oui en tremblant, sans savoir ce que le Seigneur allait faire de moi. J’écris tout cela, mais j’ai du mal à y croire et je suis remplie de confusion… Mon Dieu, quelle vie ! Quelles choses étonnantes !
Je ressens toujours une grande chaleur en moi bien que j’ai enduré de grandes humiliations qui n’ont pas cessé depuis plusieurs jours. J’ai eu la grâce de pouvoir les accueillir avec le sourire, même si j’ai souffert car le vieil homme n’est pas encore complètement mort en moi.

15 mai 1897. Après avoir reçu Jésus dans la saint communion, j’ai senti qu’une rosée (c’est le mot qui me semble le plus exact) recouvrait toute mon âme, une rosée d’une fraicheur délicieuse qui n’existe nulle part au monde, qui donne la vigueur et fertilise. Cette rosée rafraîchit très doucement et dilate le champ de l’esprit, en faisant respirer un air divin et vivifiant la vie intérieure d’une manière délicate et ineffable. C’est un ravissement. J’ai du mal à exprimer cela avec des mots, mais j’ai entendu dire que cela vient de ma chère petite colombe.

Lors de la messe, Jésus m’a dit : « Je t’aime, ma fille, et c’est de cet amour divin que Je désire que tu M’aimes, c’est-à-dire avec l’Amour - Esprit Saint. Comprends bien que Moi, Jésus,  J’aime les âmes avec le même amour que celui avec lequel J’aime le Père et celui avec lequel le Père M’aime. C’est un amour ineffable et très pur qui Nous embrase et fait de Nous un seul Dieu. Sans l’Esprit Saint, il n’y aurai pas de Dieu parce qu’il n’y aurait pas d’amour et que Dieu est Amour. C’est cet amour qui a inspiré la Rédemption, le pardon, la récompense et le Ciel pour les âmes. Cet amour est une effusion ineffable, délectable et incompréhensible pour les anges et pour les hommes, il n’est conçu et produit que par Dieu Lui-même. Il n’existe qu’un seul amour, qu’une seul foyer d’amour duquel procèdent tous les autres amours, l’amour paternel, l’amour filiale, etc. Le plus petit signe d’amour pur est l’empreinte de l’Esprit Saint. Ah ! si cet amour envahissait les cœurs et le monde ! Demande l’amour, demande le règne de l’Esprit Saint, et le Père sera glorifié ! »

« Écoute, ma fille, c’est dans la vie spirituelle que l’Esprit Saint agit et manifeste sa puissance d’une manière toute particulière. Il en est le roi. Il commence par des petites « touches » très douces et si l’âme répond à son action transformante, Il ne la lâche pas et travaille à reproduire en elle mon visage comme avec un calque. Ensuite, avec une grande délicatesse, il prend possession de cette âme, la remplissant de sa Personne et la rendant amoureuse de Moi, et surtout en lui infusant le dégoût des choses de la terre. Le chemin de la perfection est le terrain privilégié de l’Esprit Saint et en chaque âme fidèle il remporte la victoire sur Satan. L’Esprit Saint est son plus grand ennemi, c’est la Personne divine qu’il craint le plus. En effet, l’Esprit Saint s’oppose à Satan sans relâche et le terrasse. C’est pourquoi Satan tente par tous les moyens d’éloigner les âmes de la lumière de la foi, de l’amour de Dieu et du prochain. Il sort sa grosse artillerie pour souiller les âmes par le péché d’orgueil, les erreurs et les illusions, les importées et l’esprit du monde. Et toujours il attise les passions. (…) La Vérité le terrasse, la lumière le fait fuir, la simplicité et l’humilité l’anéantissent. (…) C’est pourquoi l’Esprit Saint va exercer toute sa puissance sur les cœurs en provoquant un sursaut de l’humanité au contact de sa divinité. »

« L’Incarnation est le fruit de l’Amour. Comprends bien que l’Esprit d’amour qu’est l’Esprit Saint ne produit pas le Verbe en tant que personne distincte de Lui, mais qu’il produit l’amour dans le Verbe, le poussant à agir dans les âmes, à s’unir à elles, à s’incarner, à vivre et à grandir en elles… »
Je ne comprenais pas grand choses à tout cela mais je me souvenais avoir ressenti ce regard de Jésus posé sur moi et agissant comme un bain purifiant destiné à me préparer sa venue. Oh ! comme jésus purifie sans tarder l’âme qui L’aime ! Et qui Le cherche ! Et qui désir ce rendez-vous d’amour !

(…) Le Seigneur me donne cette image pour que je comprenne un peu le mystère de la sainte trinité et que je le contemple.
«  Le rôle de l’Esprit Saint est d’éclairer, de donner du sens, d’embraser, de fortifier les âmes et de leur donner la vie de la grâce. »

Après la communion, Jésus me dit : « Tous les mouvements de mon âme dans ma vie d’homme ont été inspirés par l’Esprit Saint et se sont exprimés grâce à Lui. C’est Lui qui s’emparait des puissances de mon âme, de mes sens et de ma volonté pour glorifier le Père, à qui j’offrais tout ce que je faisais. La plus belle des choses fut l’eucharistie comme inspiration de l’amour, l’œuvre et la réalisation de l’amour, l’effusion de l’amour dans toute sa plénitude parce que l’esprit Saint, comblé de joie par l’Incarnation, voulut la reproduire en chaque âme. Ce mystère L’enchante tellement qu’Il veut le voir se refléter dans chaque cœur, par la communion, par l’effet réel et positif du sacrement par lequel on reçoit mon Corps, mon Âme et ma Divinité, et l’Esprit Saint Lui-même qui vient alors en chaque âme.
(…) Si Je suis l’Agneau qui efface toute souillure, c’est grâce au pouvoir que m’a conféré l’Esprit Saint de purifier tout ce que je touche. (…) C’est pourquoi je ne souhaite pas que l’on vénère mon cœur comme une fin en soi, mais plutôt comme un moyen d’accéder à l’Esprit Saint dont Il a tout reçu.
C’est parce que le cœur et le corps de l’homme avaient péché qu’ils avaient besoin d’un autre cœur et d’un autre corps animés de la puissance d’un Dieu pour expier les outrages faits à ce même Dieu… Souviens-toi que cette idée de sauver le le monde et ce salut lui-même, vous le devez à l’Esprit Saint. »

« Cependant les âmes ont commencé à éloigner d’elle ce très pur Esprit Saint en se souillant par leurs fautes. Elles restent dans les ténèbres faute d’invoquer Celui qui est la lumière et elles sont toutes glacées faute de s’approcher du feu, et ce feu divin s’en va quand vient le feu des passion dans un cœur. L’Esprit Saint veut régner dans les âmes par la Croix et par mon cœur. (…) C’est sur la Croix que l’Esprit Saint fait son nid et c’est pourquoi elle est le seul lieu où l’on peut recueillir ses fruits en abondance. Ces fruits se trouvent tous dans mon Cœur, car c’est lui le premier fruit de l’Esprit Saint et c’est lui qui les renferme tous. Si bien que l’âme qui possède la Croix possède aussi l’Esprit Saint et ses fruits ainsi que mon Cœur. C’est la Croix qui est la protégée de l’Esprit Saint, c’est pourquoi Il l’enveloppe de sa lumière et en cache les splendeurs. La Croix est le trône de l’Esprit Saint, le sceau sacré de l’église, le miroir des prêtres, le salut du monde… »


Aujourd’hui, après la communion, ma petite colombe m’a redit de très jolies choses que j’ai presque honte de mettre par écrit, vu ma grande misère, mais je vais me vaincre et parler simplement. J’avais pris un livre pour méditer sur le jugement particulier, mais elle ne m’a pas laissé l’ouvrir, car elle voulait me donner sa paix et me dire : « Conchita, tu vas comprendre pourquoi, à mon tour, Je t’appelle ma colombe. C’est parce que tu es ma fille depuis que J’ai fait mon nid dans ton âme et que Je te sanctifie par mon contact et par ma vie. Sais-tu quand J’ai fait mon nid en ton âme ? C’est lorsque tu es devenu ma Croix. Mon nid, c’est la Croix et la Croix me sert de nid. Mon nid a toujours la forme d’une croix. Te souviens-tu lorsque tu t’es livrée à Moi totalement et que tu as vu ton nom écrit dans le Cœur de Jésus ? Te souviens-tu lorsque Je te prenais dans mes mains pour te nourrir aux premiers jours de ta re-naissance, te faisant des promesses que J’ai toutes tenues. Eh bien, maintenant, ma fille, Je vais te donner un avertissement de la plus haute importance : prends soin de mon nid, car il y a trois ennemis qui veulent sa destruction, le monde, la vanité et l’orgueil.  Dès que ces ennemis touchent mes nids, Je n’en veux plus, comme d’ailleurs les colombes de la terre ne veulent plus des leurs dès que quelqu’un les touche. Comme elles, Moi, la colombe de l’Esprit Saint, Je suis très délicate, Je m’en vais et parfois Je ne reviens plus jamais. Le seul remède pour éviter ce grand malheur est de cacher mon nid aux regards des hommes, cache-le, ma fille, cache-Moi avec le plus grand soin. »


4 Septembre 1895. Hier, dans ma prière, ma petite colombe m’a dit : « Tu es mon nid. Je me repose en ton âme comme dans un tabernacle et Je veux aussi qu’en ton âme brûle sans cesse une lampe en mon honneur, qu’elle brûle avec une huile qui vient de Moi seul. C’est Moi qui la fabrique au Ciel, c’est une huile très sainte et très pure que mon souffle conserve. Cette huile s’achète au prix de la Croix et de l’humilité. Achète cette huile qui jamais ne se corrompt et qui brûleur ma gloire et pour le bien du cœur qui trouve ses délices en moi. Oh ! ma fille, élargis la coupe de ton âme et Je la remplirai de mon huile sainte ! Je désire que matin et soir vous Me demandiez de cette huile et plusieurs fois aussi au cours de la journée, et Je vous la donnerai car elle fait ma joie et J’embrase le cœur où je la trouve. Je veux que de jour et de nuit vos cœurs se consument en mon honneur… Je suis très jaloux, Je désire que tout soit pour ma gloire, tout, sans excepter un seul battement de cœur, un seul sentiment, un seul soupir… Voilà ce que j’attends des âmes qui sont mes croix vivantes, les nids où Je repose, Moi, l’Esprit Saint. »

(…) Je m’en vais jeter dans ce feu, chaque nuit, mes fautes et mes imperfections de la journée, afin de m’en débarrasser tout à fait.
Ma petite colombe m’a dit qu’elle vole, vole dans cette vallée aride qu’est le monde, sans trouver où se poser, ni se reposer, ni faire son nid. Lorsqu’elle ne trouve pas dans une âme le Cœur de Jésus, qui est son nid par excellence, même si elle s’arrête un instant au bord de cette âme, elle n’y fait pas son nid et elle ne s’y repose pas.

« Que ceux qui tremblent devant la Croix ne craignent pas ! Moi, Jésus, par l’Esprit Saint J’adoucis tout, transforme tout, divinise tout. Ce n’est pas l’homme avec ses propres inclinations qui agit alors, mais c’est une force divine qui lui communique un élan et le pousse au sacrifice. C’est Moi, Jésus, et l’Esprit Saint qui chassons le vieil homme et faisons de lui un saint. »

« Car les faveurs de Dieu sont éternelles, Il ne veut pas reprendre ses dons, mais seulement leur donner une valeur d’éternité. (…)
L’Esprit Saint cherche et désir ardemment des âmes dans lesquelles déverser ses trésors infinis. Il cherche des âmes sacerdotales qui s’ouvrent pour L’appeler, L’invoquer, L’accueillir, Le communiquer et Le donner. Le monde est entrain de vivre un temps très particulier où l’Esprit lance un appel urgent à la conversion et aux renouveau, lequel doit commencer par celui des prêtres. »

« Il me faut des prêtres de lumière pour éclairer et baliser le chemin vers le Bien, des prêtres purs pour sortir de la fange tant de cœurs qui s’y enlisent et des prêtres de feu qui répandent l’amour de Dieu dans tout l’univers. Demande, demande, demande, pousse un cri vers le Ciel, offre-toi au Verbe pour que tout soit restauré en Lui par l’Esprit Saint et Marie. »

« C’est grâce à cet Esprit Saint que toute créature peut agir et se mouvoir dans l’ordre de la grâce, et que les prêtres peuvent agir à la place de Dieu et par sa force. Cet Esprit Saint doit circuler en eux comme le sang dans leurs veines, Il doit imprégner leurs pensées, leurs paroles, toutes leurs action et les esprit puisqu’il sont appelés à devenir d’autres Moi-même. Les prêtres doivent Le prier et Le remercier, car c’est à Lui qu’ils doivent la filiation infinie de leur vocation. C’est Lui qui leur a donné l’onction sacerdotale et qui confère une puissance divine aux paroles qu’ils prononcent lors de la consécration. Qui d’autre que Lui opère cette autre incarnation du Verbe qui se renouvelle à chaque messe par ma passion et par ma mort ? (…)
…ils seront transformé, car c’est l’Esprit, et Lui seul, qui peut façonner Jésus dans une âme, en la simplifiant et l’unifiant. »

« Dieu ne cesse de se répandre dans sa création tout entière, dans les corps et dans les âmes, sans faire autre chose que le bien. Car il n’y a rien d’aussi fécond que l’amour, rien qui ne purifie, ne sanctifie, n’élève autant que l’amour. »

« J’ai soif d’être imité et aimé comme Je viens de le dire, et mon plus grand désir et de pouvoir offrir à mon Père, cœur de mon Cœur, des prêtres exemplaires et des évêques transformés. »

Hier soir, après une prière d’une heure et demie et  un grand recueillement en Dieu, je fus soudain la proie d’une grande désolation qui me fit presque perdre le sens et je ne pouvais que souffrir… Ô mon Dieu, malgré tous les efforts, je pouvais à peine prononcer les noms de Jésus et Marie, et ce n’est que par un sursaut de courage que je parvins à saisir mon crucifix et à le serrez contre moi… Quelque chose d’horrible, mon Père ! Pourtant je savais qu’elle venait de Dieu parce que j’étais dans la paix et que j’acceptais cette souffrance avec résignation. Alors j’ai demandé à ma petite colombe si elle avait quelque chose à voir avec tout cela et elle me répondit que c’était elle qui travaillait dans mon âme pour la purifier, et elle aussi qui la soutenait en lui donnant force et patience.

Aujourd’hui, après la communion, tandis que je me plaignais à ma petite colombe de ces hauts et bas et de ces souffrances, elle m’a dit : « Écoute, ma fille, J’ai pour habitude de brûler mes nids avec le feu de l’amour, soit pour les purifier et en construire de plus beaux, soit pour en enlever quelque chose qui Me déplaît ou Me gêne… C’est pour cela que j’utilise le feu des désolations intérieures. Tant qu’il te restera un souffle de vie, ma petit fille, ton âme pourra acquérir des mérites et se purifier en devenant de plus en plus mienne dès cette terre pour l’éternité. Ah ! Si tu comprenais quelle grâce singulière Je te fais en te donnant ces désolations qui te purifient ! »
Ensuite Jésus lui-même m’a fait comprendre que de nombreuses âmes de religieux meurent sans même avoir gravi la première marche de l’humilité, et que cette tiédeur dans des âmes qui Lui sont consacrées afflige beaucoup son Cœur.

D’abord je ressentis la présence du diable au-dessus de moi, comme une oppression sur ma poitrine. J’étais toute froide, je tremblais d’effroi, je perdis presque conscience. La seul chose dont je me souvienne, c’est que je ne pouvais que souffrir, souffrir au-delà de ce que je puis exprimer avec des mots. Je ne sais quel instinct me poussait à invoquer la pureté de Marie de toute mon âme et à grands cris, des cris imperceptibles… Je sentais que le diable se démenait avec furie et je continuait à essayer de lutter avec Marie pour seule arme, jusqu’à ce qu’enfin j’obtienne la victoire et soit libéré du fardeau de ce poids énorme qui m’oppressait.  (…) Tout cessa enfin et je sentis à nouveau fraîcheur et légèreté en mon âme. Après une épreuve aussi forte, j’avais le corps brisé, mais je ressentais une grande paix en mon âme.

 

L’esprit de sagesse
L’esprit de sagesse, me dit le Seigneur, ne consiste pas seulement dans la connaissance parfaite des choses créés, mais c’est un esprit qui va directement éclairer l’âme à propos des vertus et des grâces divines. C’est une lumière surnaturelle qui permet à l’âme de connaître les secrets divins dans l’ordre de la grâce et de la vie spirituelle. L’esprit de sagesse détache et arrache l’âme des choses terrestres, l’élevant au-dessus d’elles par la connaissance de la vanité et du vide qu’il y a en elles, et la menant dans l’espace divin. La rectitude et la raison sont liés à tous les dons de l’Esprit Saint et d’une manière très spéciale au don de sagesse. Grâce à ce don, l’on discernait les vertus mais aussi toutes les manigances de Satan, ses ruses et ses tromperies, ce qui permet d’échapper à de grands maux.
C’est sur la Croix que l’on reçoit la sagesse.
Comprends bien que la lumière de la sagesse est la foi, lumière au-delà de toute lumière qui éclaire les chemins secrets et obscurs de l’esprit. Dieu est Sagesse et toutes les choses créées renferment un reflet de cette sagesse incréée et éternelle. La sagesse est l’un des attributs de la divinité, et dans l’homme elle est un don divin, qui vient de l’Esprit Saint, qui le donne à qui Il veut pourvu qu’Il trouve des âmes purifiées.
Heureuse l’âme qui possède cet esprit de sagesse ! Elle a en elle l’intuition de ce qui est le bien véritable, (…) et elle a la force de fuit le mal, tout ce qui peut l’éloigner de Dieu, son centre et son unique bonheur.

L’esprit d’intelligence.
«  L’esprit d’intelligence, me dit Jésus, est un élan constant et instinctif que l’Esprit Saint communique à l’âme pour lui permettre de choisir ce qui est droit, ordonné et saint. L’Esprit Saint infuse dans l’âme cet esprit qui est une lumière, afin qu’Il l’entraîne continuellement et avec une force secrète vers Dieu et le fasse Le chercher comme le principe et le but ultime de sa propre vie. L’esprit d’intelligence est le frère des esprit de sagesse et de science. Par une lumière divine, cet esprit d’intelligence permet à l’âme de discerner la nature exacte de toutes les vertus et de toutes les grâces, et de découvrir des secrets inaccessibles à la plupart des hommes. C’est cet esprit d’intelligence qui dirige l’âme vers la sainteté et pousse la volonté à agir dans cette direction. Par le don de cet esprit d’intelligence, l’Esprit Saint imprime dans l’âme les vérités éternelles et déploie devant elle ses insondables mystères.  L’esprit d’intelligence est l’agent de l’amour, parce qu’en communiquant à la volonté ses impressions d’une manière surnaturelle, il la pousse à aimer Celui-là seul qui est digne du plus grand amour son Seigneur et son Dieu. Ce don d’intelligence élève l’âme au-dessus de la terre, la poussant à haïr ce qui est bas et vil, instable et vain et à désirer avec véhémence ce qui est éternel, saint et divin. Accompagné du don de sagesse, il transforme l’âme en Croix, trône de la Sagesse, et lui fait découvrir qui Je suis, tout en lui donnant l’humilité.
L’esprit d’intelligence pousse aussi à la contemplation et à l’oraison, et il favorise la méditation qui apporte tant de bienfaits aux âmes. Par le don inestimable de l’intelligence l’âme reçoit toutes les impressions qui la conduisent au monde spirituel et à Dieu. C’est le chemin que l’Esprit Saint emploie pour guider les âmes pures… celles qui se sanctifient et parvienne à la sainteté. L’esprit d’intelligence confère à l’âme une faim insatiable de tout ce qui est divin et spirituel, et une soif continuelle de pureté, de sacrifice et de perfection, si bien qu’une telle âme , ne peut plus se perdre… »

Esprit de science
« L’esprit de science, me dit le Seigneur, montre la vérité et en elle l’humilité. L’âme qui possède en plénitude ce don ne peut être orgueilleuse. Lorsque cet ennemi de l’âme s’approche d’elle, il se brise sur humilité qui est éclairée par la vérité. L’âme qui a le bonheur de posséder ce don se connaît elle-même et elle Me connaît Moi aussi. Elle sait quelle distance infinie Me sépare des hommes et elle mesure la miséricorde et la bonté gratuites par lesquelles Je M’abaisse jusqu’à elle. Ce don de science, loin de remplir l’âme de vanité, lui donne l’humilité, la plonge avec délice dans la connaissance de son impuissance, de sa faiblesse et de son néant. Voilà ce qu’est la véritable science, celle des saints, la seule qui soit capable de produite des fruits de vertus solides et durables. En général, l’Esprit Saint communique ce don à l’âme par l’oraison et la contemplation. Toute science qui n’est pas fondée sur Dieu est vaine et dangereuse. Toute science qui ne vient pas de l’Esprit Saint est nuisible. J’insiste : l’Esprit Saint ne communique pas le don de science par les livres, mais par la connaissance claire du surnaturel et du divin au moyen de la fréquentation intime, humble et fidèle de Dieu par l’oraison et la contemplation. En matière de science humaine, Dieu donne l’intelligence à l’homme. En matière de science divine, Dieu lui donne la volonté d’agir. La science du divin ne s’acquiert que grâce à l’Esprit Saint. L’âme qui reçoit le don de science ne le reçoit pas que pour elle-même, mais pour beaucoup d’autres qui bénéficieront de ses fruits. L’Esprit Saint ne donne pas ce don à l’âme molle qui ne peut coopérer aux grâces reçues pour sa sanctification et celle des autres. Ces grâces sont comme les talents de l’Évangile, il faut les faire fructifier. (…) bienheureuse l’âme qui possède ce don de science car elle peut recevoir sans tirer gloire ni vanité les trésors de grâces et de vertus, en restant consciente de sa misère et de son néant, et Me rendant ce qui est à Moi.
Ce don de science renferme, entre autres vertus, la perfection de la pauvreté spirituelle qui mène au Ciel… Et son grand secret est qu’il cache à l’âme ses qualités, ses vertus et ses mérites, convaincue qu’elle est de son néant, de sa bassesse et de son impuissance. Cette science véritable porte avec elle le bandeau avec lequel Dieu couvre les yeux des âmes pures et comblées par Lui pour qu’elles ne puissent pas se regarder. Ce bandeau est si épais que tous ceux qui côtoient une telle âme sont dans l’admiration et l’étonnement en voyant sa cécité. C’est l’Esprit Saint qui met ce bandeau sur les yeux des âmes en leur communiquant le don de science afin qu’elles ne s’enorgueillissent pas des fleurs qu’elles reçoivent du Ciel et qu’en même temps elle puissent approcher des splendeurs sans en être brulées.
Moi qui croyais que le don de science était une facilité donnée à l’homme pour apprendre dans les livres ! Je compris que c’était un don qui allait directement au cœur et éclairait l’âme…

L’esprit de crainte de Dieu
L’esprit de crainte de Dieu, me dit Jésus, est une grande grâce qui libère l’âme de l’emprise du péché. Il ne s’agit pas d’une peur de la justice divine, mais d’une crainte fondée sur l’amour de Dieu le plus grand et le plus pur, et enveloppée de charité, d’une crainte que l’âme ressent face à la moindre faute qui puisse offenser Dieu qu’elle aime tant. Cette crainte est accompagnée des vertus de pureté et de délicatesse qui font craindre et fuir tout ce qui peut offenser Dieu, uniquement pour ne pas Lui déplaire et sachant que Dieu est Dieu. C’est un don de l’Esprit Saint, proche du don de sagesse, car celui qui aime la Croix craint le péché. Comprends bien que les dons de l’Esprit Saint sont liés les uns aux autres comme les vertus et qu’un don en entraîne en général d’autres avec lui.  Ce don de crainte de Dieu pousse l’âme à la contrition et retient le pécheur, l’empêchant de sombrer dans le torrent impétueux des vices qui l’assaillent. Il te faut comprendre que Dieu craint le péché, qu’Il le craint eu égard à l’offense qui est faite à sa divinité, mais aussi en considérant le châtiment qu’il entraîne pour l’homme. Le Cœur de Dieu est ainsi doublement blessé par le péché et c’est en ce sens qu’Il le craint. Moi, Jésus, Je crains le péché, non parce qu’il Me crucifie, mais parce que Je souffre en voyant combien mon Père est offensé. C’est la crainte de cette double offense qui devrait habiter le cœur du pécheur et lui faire ressentir une peine extrême face au péché, une peine digne d’attirer sur lui les plus grandes grâces. Ah ! si seulement l’homme pouvait cesser de penser à lui-même, de se chercher lui-même pour voler vers Moi et faire de Moi le but suprême de toutes ses actions, de toutes ses affections, de tous ses mouvements et ses aspirations ! Ah ! si seulement l’homme pouvait laisser la terre à la terre et tourner ses yeux vers le Ciel ! Comme elles sont rares, les âmes qui, mourant à elles-mêmes, ressuscitent avec Moi et en Moi, faisant de Moi leur unique bien, leur unique bonheur ! Comme elles sont rares, les âmes qui éprouvent cette sainte crainte de Dieu, sans penser à leur propre intérêt et en évitant le péché, par pur amour de Dieu ! C’est un don que l’Esprit Saint communique aux âmes appelées à Lui appartenir. »

L’esprit de conseil
« L’Esprit Saint donne l’esprit de conseil aux âmes qui l’aiment d’un amour actif et pur, et qui se sacrifient pour Lui, avec un zèle ardent pour sa gloire, aux âmes qui pratiquent la pauvreté spirituelle parfaite et donc ne s’approprient pas ses dons ni sa Personne, à celles enfin qui, sachant reconnaître qui est l’auteur de ces dons, savent les Lui rendre et rester à leur place d’humbles et misérables créatures. C’est à de telles âmes que l’Esprit Saint offre ses conseils, en leur donnant de saintes inspirations, en leur faisant de saints appels et en leur concédant de devines faveurs. L’Esprit Saint n’accorde ses conseils qu’à des âmes fidèles et capables d’écouter sa voix et ses motions et surtout de les mettre en pratique. Ce don de conseil reçu et vécu avec droiture lui apporte une grande gloire. Il le donne aux directeurs spirituels qui sont capable de L’écouter et de se sanctifier d’abord eux-mêmes pour, ensuite, sacrifier les autres. Les directeurs spirituels qui ne savent pas boire à la source des conseils divins ne peuvent en aucun cas réussir : leurs paroles restent vaines et sans effet, elles ne possèdent ni ne donnent la vie divine, elles ne peuvent pas produire les fruits spirituels que sont les vertus. Toute personne chargée de diriger des âmes, que ce soit au sein de mon Église, dans un ordre religieux ou dans le monde, doit devenir digne de recevoir ce don de conseil quoi lui permet d’accomplir sa charge avec droiture et sainteté. Mais recevoir ce don de l’esprit de conseil implique des sacrifices sans lesquels il ne peut y avoir ni sanctification personnelle ni sanctification des autres. Tu sais bien que personne ne peut donner ce qu’il n’a pas ; en conséquence, l’âme qui ne se sanctifie pas et ne se laisse pas conseiller  par l’Esprit Saint ne peut pas conseiller les autres.
J’insiste sur un point fondamental : l’esprit de conseil n’est donné qu’à une âme qui prie, qui aime et qui se sacrifie. C’est par la prière que cet esprit est communiqué, par l’amour qu’il est gardé et entretenu, et par le sacrifice qu’il est renouvelé. Seules les âmes pures, crucifiées et aimantes, qui sont en relation continuellement avec le Ciel et les choses divines, peuvent écouter les conseils et les inspirations de l’Esprit Saint. Le bruit du monde et celui des passions empêchent l’âme d’entendre la très douce et très secrète voix du saint Conseiller qu’est l’Esprit Saint. Il faut la pureté et la paix, le silence et le recueillement, et la flamme du sacrifice d’amour qui brule en secret, pour quel ’Esprit Saint puisse parler et se communiquer. Et le lieu où l’écho de sa très douce et délicate voix résonne le mieux est la Croix. C’est là, à l’intérieur de la Croix, que l’on distingue à la perfection la voix divine qui enseigne, aime et conseille. Les âmes crucifiées sont donc celles qui reçoivent le mieux l’esprit de conseil qui fait tant de bien à l’âme qui la reçut et à de très nombreuses autres… »

L’esprit de force
« L’esprit de force n’est donné par l’Esprit Saint qu’aux âmes courageuses qui savent luter contre elles-même. On pourrai croire qu’Il le donne aux âmes faites, mais c’est tout le contraire, Il n’offre ce don qu’aux âmes vaillantes. Comprends bien, ma fille, que si l’Esprit Saint donnait l’esprit de force aux âmes faibles, cela leur nuirait, ce qui est impossible car Il ne peut faire le mal, étant la source de tout bien. La force est faite pour soutenir et aider dans la lutte, le sacrifice, la ténacité, le pardon et toutes les vertus guerrières. Mais la force, qui est fermeté et bravoure, ne peut s’accorder avec la mollesse, le laisser-aller et la faiblesse coupables. L’esprit de force est fait pour soutenir l’âme fatiguée et lasse et presque épuisée par le combat. Il ne descend jamais dans les âmes qui ne manifestent que de la tiédeur pour le service de Dieu ou pour leur propre sanctification. L’esprit de force éloigne Satan, déviant les traits enflammés qu’il lance contre les âmes. Cet esprit de force est le gardien de l’âme pure qui se sacrifie avec courage, c’est-à-dire qu’il veille sur le sacrifice et le soutient. Cet esprit de force, aidé de la vertu de constance, prête main-forte à l’amour actif dans les difficultés de la vie spirituelle, il redresse celui qui agonise dans le combat et redonne le courage nécessaire pour se vaincre soi-même. L’Esprit Saint donne cet esprit de force à tous ceux qui Le cherchent. Sais-tu, ma fille, où cet esprit se cache ? Dans ma prière au jardin des Oliviers, c’est là que J’ai montré au monde ce qu’était al force d’âme, car c’est dans mon agonie qu’elle m’a été donnée… Par trois fois, Je l’ai cherchée et par trois fois Je l’ai trouvée dans la prière. Marie a possédé ce don en plénitude et il a brillé en elle au pied de la croix, d’une manière admirable. Le don de l’esprit de force est admirable entre tous car il donne à l’âme la grâce de persévérer jusqu’à la fin, jusqu’au Ciel. Comme elle est heureuse, l’âme doué de cette force, car ni les passions ni les ennemis ne l’atteignent plus. Elle est devenue inébranlable parce qu’une force surnaturelle la soutient, la force divine de l’Esprit Saint, accompagnée des vertus de foi, d’espérance et de charité qui lui communiquent leurs qualités et leurs effets. Ce don est incompréhensible pour l’intelligence humaine… »

L’esprit de piété
« L’esprit de piété, me dit Jésus, est une inclination sainte et pure vers tout ce qui mène à Dieu. L’âme pieuse possède deux amours à un degré très élevé : l’amour de Dieu et celui du prochain. L’âme se sacrifie pour vivre ces deux amours. C’est un don sublime qui conduit l’âme pieuse à la perfection, à la sanctification et à l’union avec l’Esprit Saint qui le produit. L’esprit de piété est accompagné de toutes les vertus, aussi bien les vertus guerrière que les vertus de paix et de quiétude. La véritable piété qui vient de l’Esprit Saint ne réside pas seulement dans des actes extérieurs, mais dans un fond de sainteté à toute épreuve, car elle est fondée sur le sacrifice et la Croix. Les autres formes de piété sont vaines et fausses, et n’ont aucune valeur. J’insiste : la véritable piété se trouve dans le cœur, et non dans les actes extérieurs qui ne sont que des manifestation de ce qui est vécu intimement. La véritable piété révèle la pratique du sacrifice secret et caché. L’âme vraiment pieuse fuit tout ce qui peut la porter aux uns et la flatter. Elle vit cachée dans l’humilité et dans l’ombre des vertus.
La véritable piété est désintéressée et elle ignore le respect humain, la vanité, l’orgueil et toute forme d’amour propre. La véritable piété éloigne de l’âme tous les vices, en particulier l’envie, la médisance et le désir de vengeance. Cela est dû au fait que la véritable piété, comme Je te l’ai dit, a deux visages : l’un regarde vers Dieu et l’autre vers le prochain. De l’amour de Dieu dérive l’amour du prochain, qui ôte de l’âme tout ce qui pourrait offenser celui-ci et lui communique cette charité qui l’embrase et se traduit par al pratique du bien envers tous, même envers ses ennemis. L’esprit de piété entraîne le pardon qui triomphe dans l’âme avec ses actes de miséricorde.
(…) La véritable piété jailli de Dieu et y retourne. C’est dans cet échange de dons que se complaît l’Esprit Saint, qui ne cesse de combler l’âme de nouvelles grâces et de faveurs divines. C’est par ce don de piété que s’unissent les volonté humaine et divine.
(…)
- Écris.
- Mais qu’est-ce que cela m’apporte d’écrire, mon Jésus, vu ce que Tu me demande ?
- Je désire que tu écrives pour enseigner le chemin de la Croix, qui est le seul moyen de conduire les âmes au Ciel et de les sauver. L’Esprit Saint répandra alors le feu d l’amour actif par l’esprit de piété et avec cette force divine les âmes deviendront capables de pus grands sacrifices. »


Le Seigneur a affiné mon sens de l’écoute afin que je puisse mieux entendre sa voix qui parle en secret à mon âme. Il m’a préparée à l’écoute intérieure et à l’acceptation de ce qu’Il va me demander. C’est une nouvelle grâce qu’Il vient de m’accorder, une grâce de lumière qui procède de la Lumière éternelle et qui me fait voir avec plus de clarté tous les mouvements de mon âme. Je sens que ce sanctuaire intérieur, ce temple qu’habite l’Esprit Saint est devenu comme limpide ; je rougis de dire cela, mais c’est vrai que ce temple est plus clair et que tout semble se refléter dans la lumière divine. Est-ce possible, mon Père, qu’un bourbier comme moi puisse devenir un si beau temple grâce à l’Esprit Saint ? Je n’arrive pas à y croire… mais lorsque je ferme les yeux, je vois à l’intérieur de moi de la lumière et ce que le Seigneur veut me montrer. Ah ! mon Père, je ne désire qu’obéir à Dieu, rien d’autre… Je mesure le prix infini de cette vertu surnaturelle de connaissance de soi qu’Il a bien voulu me donner. C’est une connaissance très fine qui s’accompagne d’un désir impérieux de revenir vers Dieu lorsque je L’ai offensé et de Lui demander pardon pour pouvoir recouvrer la paix. On dirait que la petite colombe de l’Esprit Saint ne veut pas qu’il y ait la moindre saleté dans son nid ; aussi me demande-t-elle de le balayer et d’en secouer la poussière avec le balais de l’humilité et du repentir, avant de revenir s’y installer confortablement et d’y faire régner la paix. Oui, la paix, c’est vraiment dans la paix que règne l’Esprit Saint. Il m’a montré à plusieurs reprises comment Il s’éloignait dès que la moindre passion ou l’esprit du monde viennent agiter mon âme, pour ne revenir que lorsque celle-ci était purifiée et pacifiée. Elle est vraiment très délicate et très sensible, cette petite colombe ! Elle aime se regarder dans une âme comme dans un miroir et si celle-ci se salit ou se ternit, comme elle ne peut plus se voir, elle se cache… Encore faut-il qu’il s’agisse de fautes commises par inadvertance, sinon elle s’envole… (…)
Fais que moi et les fils et filles que tu m’as donnés, nous ne nous égarions pas dans le monde ni auprès des créatures, fait que nous ne nous laissions pas gagner par les soucis, les occupations et les devoirs qui sont les nôtres mais qu’en les accomplissant nous puissions dire avec beaucoup d’amour : « Ne t’en va pas, ma petite colombe, attends-moi ici, bien cachée, pendant que je vais faire telle chose ou m’entretenir avec telle personne, ou encore me détendre un peu… Je ne vais pas tarder à revenir et alors je te caresserai et te cajolerai et tu seras bien contente de moi. » C’est ma petite colombe qui m’a appris à faire cela et m’a montré que si nous la traitions ainsi, au lieu de s’en aller, elle nous accompagnait, nous défendait et nous donnait ses précieux conseils. Elle m’a montré aussi que lorsqu’elle fait son nid dans une âme, comme elle est l’Esprit de la fécondité divine, elle ne cesse de se donner, enrichissant l’âme qui l’accueille de ses grâces, de ses vertus, de ses dons et de ses fruits. Elle m’a aussi aussi expliqué que c’est elle qui enseigne comment prier et communique de sainte inspiration. Comme elle est adorable, cette petite colombe de l’Esprit Saint ! N’oublions jamais de la remercier ! Je me demande avec quels mots les anges le font… en tout cas, j’aimerais bien leur emprunter quelques-unes de leurs louanges célestes.

C’est difficile à dire et encore plus à exprimer mais maintenant je vois Dieu plus beau, comme agrandi en beauté, en divinité, en toute-puissance, en bonté, en tendresse, en sagesse et en amour… Je vois son amour immense pour ses misérables créatures. Comme je sais que Lui ne peut pas grandir en perfection parce qu’il est éternel et infini, ce doit être moi qui ai à présent plus de lumière en moi pour contempler ses splendeurs infinies.  (…)
Je vois cette charité si grande, si grande et qui cependant s’abaisse jusqu’aux vertus naturelles pour les diviniser.
Il me semble que toutes les vertus sont comme un champ de très belles fleurs, plus belles les unes que les autres avec des couleurs très belles.. mais toute la beauté de cette prairie est plongée dans la nuit tant que la lumière qui est l’Esprit Saint, la Charité en personne, ne vient pas l’éclairer, lui donner sa chaleur et sa vie, et la faire pousser ! Dans cette prairie la divine petite colombe de l’Esprit Saint fait son travail de fécondation pour sanctifier les âmes. Elle est la Charité en personne et ne cesse de se donner, de se donner… elle qui reçoit si peu !


26 mai 1898. Hier soir, j’ai ressenti sécheresse et aridité dans ma prière, mais en me sacrifiant et en foulant aux pieds cette nature vile qui est la mienne, et aussi en faisant pénitence, je suis parvenue à la vaincre. Au dernier moment, le Seigneur m’a fait connaître un état nouveau que la petit colombe a bien voulu m’expliquer aujourd’hui, après la communion en me disant : « Cinq sont les degrés de la vie de l’Esprit Saint dans une âme et caque degré comporte de nombreuses nuances. Premièrement l’Esprit Saint touche l’âme qui s’éveille et s’émeut, deuxièmement l’Esprit Saint se pose en elle, la grisant et la remplissant de grâces, troisièmement l’Esprit Saint se repose en elle… Lorsque l’Esprit Saint se pose dans l’âme, il ne tarde pas à reprendre son envol, mais lorsqu’Il prend son repos en elle, Il y demeure longuement, la détachant de la terre et la préparant à atteindre le quatrième degré qui est la « possession ». C’est seulement à ce degré que l’âme m’appartient et qu’elle est complètement à Moi. C’est là qu’elle se laisse faire, Me laissant la former et la transformer. L’âme ressent alors avec plus d’acuité la présence et ses effets, ce qui la détache de tout ce qui est humain. Elle ne cherche plus que Moi et n’est plus comblée que par Moi. Je deviens l’objet de toutes ses pensées et de tous ses désirs. Elle ne trouve de repos qu’en Moi et c’est seulement en Moi qu’elle peut se mouvoir et vivre. Pour atteindre ce quatrième degré de la possession, qui est véritablement sublime, l’âme doit devenir ma Croix et préparer mon nid en elle. Le cinquième degré, qui est le Ciel sur la terre, est « l’union ». C’est une possession réciproque, l’âme est toute à Moi, et Moi, Je suis tout à elle.  (…) Ces âmes passent inaperçues et elles sont méprisées du monde, ce sont des victimes sacrifiés dans le secret, à l’abri des regards. Et même si ce degré de perfection ne se fait pas sentir d’une manière continue, l’âme reste unie à Moi par un lien très étroit et indissoluble. (…) Ce sont les âmes qui se sont laissé faire… C’est mon souffle qui prépare l’âme et lui permet d’accéder à ces degrés en la purifiant.

22 mai 1894. Je vis dans le bruit, mais mon âme repose comme en un très profond silence. Elle est devenue sourde à tout ce qui n’est pas Dieu. Cette quiétude est semblable à une mer calme qui produit une paix dont on ne peut avoir la moindre idée  en ce monde. Mais je sens aussi qu’il y a quelqu’un qui agite douloureusement le fond de cette mer. Je vois très clairement qu’il s’agit du diable, mais qu’une volonté supérieur le maintient assujetti et comme rongeant son frein. Je m’attends à ce que sans tarder il se jette contre moi avec furie, mais que m’importe si tel et le bon plaisir de Dieu. Je suis sûre que c’est l’Esprit Saint qui m’inspire ce désir fou de plaire à Dieu et de faire sa volonté. Je ressens en moi ses mouvements.
Cette nuit j’ai fait un grand effort pour me lever et faire oraison. Au bout d’une heure la petite colombe est venue se reposer au fond de mon âme en me donnant une paix délicieuse, sublime et très douce…

21 août 1894. À peine avais-je fini de prononcer des vœux au pied d’une représentation de la Croix de l’Apostolat, comme mon directeur m’avait demandé de le faire, que je fus saisie par un phénomène surnaturel incompréhensible. J’étais sans force et ne pouvant plus parler, lorsqu’un grand feu intérieur embrasa mon âme. On aurai dit que le Seigneur était content que j’ai obéi à mon directeur… Je sentais la présence de ma petite colombe qui versait sur moi une onction ineffable. Je savais que Jésus lui aussi était là présent, mais c’était l’Esprit Saint qui dominait tout.

Il y a une grande joie à faire la volonté de Dieu, c’est une jouissance qui adoucit la souffrance… On y aspire, la désire, on s’y plonge et alors on entre dans l’abandon à Dieu. Je n’avais encore jamais connu cela auparavant, se jeter dans les bras du Bien-Aimé, avec une grande confiance en son Cœur qui nous aime, même si l’on est plongé dans un océan d’amertume… Ce n’est qu’ainsi que l’on obtient la paix.
Je vois à présent l’immensité de la vie spirituelle qui s’ouvre à moi, mais c’est à la lumière du bon vouloir de Dieu. Un voile a été déchiré devant moi et l’on dirait que quelqu’un m’indique une très haute cime de perfection que je dois atteindre. Je m’appuie sur Jésus car toute seule je ne vaux rien de bon et je me perdrais sur ces chemins inconnus.

8 juin 1895. Mon directeur, le Père Mir, m’a demandé de lui expliquer comment la voix de la petite colombe se faisait entendre à l'intérieur de moi. Je lui ai répondu ceci : Parfois cette voix se fait entendre peu à peu, d’autres fois elle surgit soudainement. À ce moment là, tous mes sens et toutes les puissances de mon âme sont saisies par une grande quiétude et j’ai l’impression de me vider de moi-même. Alors, sans que je puisse coordonner mes idées, j’entends en un instant des mots intérieurs reliés entre eux ou des concepts déjà formés, ou même des paragraphes entiers. Parfois, mon imagination est distraite par des pensées, mais j’entends malgré moi la voix de la petite colombe.
Je dois avouer que je suis souvent tentée de douter de l’origine de ces voix et de croire que c’est moi qui invente tout, mais je résiste à ces tentations en considérant que quand Jésus ne me donne concrètement ni cette paix ni cette douceur, il m’arrive de rester en prière pendant des heures sans qu’il ne se passe rien. Je suis alors en proie à une grande sécheresse, je ne sens rien du tout et je serais bien incapable alors d’inventer quoi que ce soit. Tandis que quand la petite colombe me parle, je sens sur moi une onction, et les motions de l’Esprit Saint me font frémir tout en me plongeant dans l’humilité et en m’inspirant de la gratitude et un amour très pur pour Lui. Ma petite colombe m’a dit que cela s’appelle « être touché par l’Esprit Saint ».


Le lendemain, je suis restée en prière pendant deux heures, Jésus ne m’a pas parlé mais j’ai été touchée par l’Esprit Saint pendant ma prière et cela avait duré longtemps, comme une paix et une douceur tellement forte que je me sentais défaillir. Alors j’ai demandé à ma petite colombe comment il se faisait qu’elle appelait cela des « touches »  de l’Esprit Saint, vu que les « touches » ont fugitives et qu’elles ne durent pas, tandis que ce que je venais de ressentir avait duré plus longtemps. Elle me répondit aussitôt : « Tu ressens cela parce que je me repose en ton âme, tu n’es pas seulement touchée par l’Esprit Saint, tu es le lieu de son repos. »

30 août 1896. Dans ma prière, le seigneur ne m’a pas parlé, mais la petite colombe est venue se reposer à nouveau en moi, touchant et ravissant mon corps et mon âme, à plusieurs reprises au long du jour et de la nuit. Cela n’empêche pas le diable de me faire la guerre en me causant mille ennuis, en me distrayant et en m’endormant. Mais il ne peut pas pénétrer dans le sanctuaire intérieur où agit l’Esprit Saint ni me dérober ses grâces. Et ses manigances sont puissantes face au rayon de  lumière et de feu qui vient de ma petite colombe et rejoint le centre de mon cœur. On dirait que l’accès à cette voie directe entre Dieu et mon âme est interdit au diable…

24 juin 1898. Mon amour pour Dieu grandit et aussi mon désir de Lui rendre ce qu’Il me donne, en me sanctifiant. Que faire pour calmer cette soif qui me consume ? Figurez-vous, mon Père, que la petite colombe qui est dans le nid de mon âme me dit qu’elle a faim et soif de vertus, de sacrifices et de pénitences, et que cette faim et cette soif, elle me les communique. C’est donc de l’Esprit Saint présent dans mon âme que vient ma nouvelle soif de perfection. « J’ai faim, me dit l’Esprit Saint, faim d’âmes pures et sacrifiées qui puissent apaiser la justice du Père. J’ai faim de prêtres qui soient des saints et travaillent pour mon Église et pour ma gloire, et non pour la peur. J’ai faim d’amour, de consolation, de réparation, surtout de réparation des outrages qui sont commis envers l’Eucharistie ! Donne-Moi des âmes, donne-Moi ton cœur pour que Je puisse le remplir ! »

Il a eu la bonté de me récompenser en me faisant sentir sa Présence. Je ne sais pas si je vais parvenir à expliquer cette chose si fine avec des mots aussi grossiers, mais je vais essayer : il s’agit d’un contact sensible entre l’Esprit Saint et l’âme, d’un contact avec la Pureté. L’âme touche une chose très blanche, une lumière, un cristal, et elle frémit et se complaît comme si elle avait trouvé son propre centre, et elle respire alors un air qui ne vient pas de la terre. C’est là une forme de communication très délicat de Dieu envers l’âme qui ne passe pas par l’entendement, mais par le corps. On ne peut s’en faire une idée que si l’on en a fait l’expérience.  (…) L’effet de ce contact avec la Pureté est très spirituel, mais c’est le corps et plus particulièrement le cœur, la poitrine et les bras qui ressentent une sorte de douleur agréable sous le poids de cette très grande grâce. (…) Ô mon Dieu, si je pouvais T’aimer comme Tu le mérites !

(…) Il me semble qu’elle veut me dire quelque chose que je ne comprends pas encore… Elle plonge mon âme dans un silence intérieur dont elle seul a le secret.  Elle m’enveloppe dans une atmosphère de quiétude céleste, dans un profond silence et dans un vide total dont elle a besoin, me semble-t-il, pour me faire saisir ce qu’elle veut dire. C’est ainsi, dans cette quiétude cachée de l’âme, qu’elle fait rayonner ses splendeurs et dans ce profond silence qu’elle fait entendre ses gémissement et ses roucoulement… très douce harmonie… paix et douceur ineffable… Ô ma petite colombe, toi qui sais traduite la parole de Dieu et la faire comprendre à l’homme !

Jésus m’a expliqué cela : « Toute la création est un baiser de Dieu, un grand baiser d’amour. En outre, je me plais à susciter chez certaines âmes le désir de ce baiser. Elles Me le demandent et le reçoivent avec avidité, mais elle ne peuvent recevoir ce baiser que lorsqu’elles sont transformées en Moi, car Je ne peux aimer dans les âmes que le reflet de la Trinité. Demande-moi ces baisers d’amour, J’aime que tu Me les demandes.

« Ce rayon de lumière est la façon dont l’Esprit Saint se communique. Il prend toujours ce moyen parce que la lumière est grâce. Toi aussi, tu dois répandre beaucoup de grâces, beaucoup de lumière. Même lorsque les effets de cette lumière ne se voient pas immédiatement, ils se font sentir par la suite. La grâce descend de Dieu qui est la Lumière infinie, la Lumière incréée. Dieu ne peut être que Lumière en Lui-même et en ses créatures, parce qu’Il est perfection et vérité. L’âme pure est celle qui reçoit le plus de lumière… »

28 janvier 1927. Je travaille à simplifier ma vie, en imitant l’Esprit Saint et en devenant de plus en plus mère, mère du Verbe et mère de tous… Je veux aimer avec l’amour de l’Esprit Saint, en étant docile à ses inspirations. Je veux aussi imiter le Père qui est toute bonté et toute miséricorde, et le Fils qui est sacrifice, je veux L’aimer d’un amour maternel… Je veux imiter les trois Personnes divines, reproduire leur amour et m’ouvrir à leur volonté.

« Écoute, ma fille, me dit Jésus. Il est un trésor caché qui n’a pas encore été exploité ni apprécié à sa juste valeur et pourtant, il est ce que le Ciel et la terre ont de plus grand, c’est l’Esprit Saint. Le monde spirituel lui-même ne le connaît pas assez. Il est la lumière des intelligences et le feu des cœurs, et s’il y a de la tiédeur, du froid et de la faiblesse en ce monde et tant de maux qui affligent les âmes et même mon Église, c’est parce que l’on n’a pas assez recours à l’Esprit Saint. Au Ciel, sa mission,  sa vie et son être même sont l’amour. Sur cette terre, sa mission consiste à ramener les âmes vers leur centre d’amour qui est Dieu.
L’Esprit Saint peut nous donner tout ce dont nous avons besoin : si l’on est triste, c’est que l’on ne fait pas assez appel au divin Consolateur, à Celui qui est la Joie qui comble l’esprit. Si l’on est faible, c’est que l’on ne s’adresse pas à Celui qui est la Force invincible. Si l’on commet des erreurs, c’est que l’on méprise Celui qui est la Lumière. Si l’on perd la foi, c’est par manque d’Esprit Saint.
(…) Cette tristesse et cette affliction viennent de ce que l’on ne donne pas à l’Esprit Saint la primauté que Moi, Jésus, Je Lui ai accordé lors de ma vie sur cette terre, Moi qui Le vénérait comme la troisième personne de la Trinité, comme l’Esprit de l’Incarnation et comme l’Esprit de la fondation de l’église. (…)
L’Esprit Saint est l’axe autour duquel tournent les vertus et il n’y a pas de véritable vertu sans Esprit Saint. Seul l’Esprit Saint peut redonner l’élan spirituel capable de relever mon Église de la prostration qui est la sienne. Que l’on ravive son culte, qu’on Lui redonne sa vraie place, qui est la première dans les intelligence et dans les volontés, et il n’y aura plus de pauvres grâce à cette richesse céleste ! (…) Que l’on comprenne bien que jamais la Croix ne pourra régner si l’Esprit Saint ne prépare pas le terrain… Lui d’abord ! »